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Un voisin bruyant ? Des odeurs qui gâchent votre quotidien ? Vous n’êtes pas sans solution.
Ce guide vous explique comment utiliser l’article 544 du Code civil pour faire cesser un trouble du voisinage.
L’article 544 du Code civil définit le droit de propriété. Il dit que la « propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue« . Concrètement, ça veut dire que si vous êtes propriétaire, vous pouvez faire ce que vous voulez chez vous.
Mais il y a une limite très importante. La fin de l’article précise : « pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements« . Et c’est cette petite phrase qui ouvre la porte à la notion de trouble du voisinage.
Texte exact de l’article 544 du Code civil : « La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements. »
Votre droit de propriété s’arrête là où celui de votre voisin commence. Vous avez le droit de jouir de votre jardin, mais pas si la fumée de votre barbecue envahit en permanence la terrasse du voisin. C’est l’équilibre entre le « droit de jouir » de chacun qui est au centre du problème.
Le terme « trouble anormal du voisinage » n’est pas écrit noir sur blanc dans l’article 544 du Code civil. C’est une création des juges. Au fil des décisions de justice, ils ont précisé ce qui dépasse les inconvénients normaux de la vie en communauté.
Un voisin qui marche chez lui, un bébé qui pleure parfois, une fête d’anniversaire une fois par an… C’est normal. Mais quand le trouble devient excessif, il est considéré comme « anormal ». C’est le juge qui décide au cas par cas si le trouble est anormal ou non.
Pour qu’un trouble soit jugé « anormal », il doit remplir certains critères. Il n’est pas nécessaire de tous les avoir, mais plus vous en avez, plus votre dossier est solide.
C’est la combinaison de ces éléments qui permet au juge de dire s’il y a un trouble anormal du voisinage.
Les sources de conflit sont nombreuses. Voici les plus fréquentes que les tribunaux ont à traiter.
C’est la cause numéro 1 des conflits. Le bruit devient un trouble anormal quand il est répétitif et intense.
Une odeur persistante et forte peut aussi constituer un trouble. On pense souvent à :
D’autres nuisances peuvent être reconnues par un juge.
Attention : La loi n’exige pas que votre voisin ait eu l’intention de vous nuire. Même si le trouble est involontaire, s’il est jugé anormal, le voisin peut être tenu pour responsable.
Si vous décidez d’agir, vous devez rassembler des preuves. Sans preuves, votre parole ne suffira pas, que ce soit face à votre voisin ou face à un juge. La charge de la preuve vous revient.
Vous devez prouver deux choses : l’existence du trouble et son caractère anormal (fréquence, durée, intensité).
Voici une liste des éléments que vous pouvez réunir pour monter un dossier solide.
Le but est de montrer que le problème n’est pas ponctuel mais bien un usage prohibé lois règlements de la propriété de votre voisin.
N’allez pas directement au tribunal. C’est long, cher et ça envenime les relations. La loi vous oblige d’ailleurs à tenter une résolution amiable avant de saisir un juge pour les litiges de moins de 5 000 €.
La première chose à faire est d’aller voir votre voisin. Souvent, il n’a même pas conscience de la gêne qu’il occasionne. Expliquez-lui calmement la situation, sans agressivité. C’est la solution la plus simple et la plus rapide.
Si la discussion ne donne rien, passez à l’écrit.
C’est une étape gratuite et souvent efficace. Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole dont le rôle est de trouver un accord amiable. Vous pouvez le saisir via le site du service public ou auprès du tribunal judiciaire.
Il vous convoquera, vous et votre voisin, pour une réunion. S’il trouve un accord, il peut rédiger un constat d’accord qui a la valeur d’un jugement.
Bon à savoir : La tentative de conciliation (ou de médiation) est obligatoire avant de pouvoir saisir le juge pour la plupart des conflits de voisinage.
Si toutes les tentatives ont échoué, il reste la solution judiciaire. C’est le tribunal judiciaire qui est compétent. Vous devrez assigner votre voisin en justice, généralement avec l’aide d’un avocat.
Le juge analysera vos preuves et pourra :
La personne qui cause le trouble n’est pas toujours la seule responsable. L’action en justice peut viser différentes personnes.
Même s’il n’habite pas sur place, le propriétaire est responsable des troubles causés par son locataire. Si vous avez prévenu le propriétaire des agissements de son locataire et qu’il n’a rien fait (pas de mise en demeure, pas de tentative de résiliation de bail), sa responsabilité peut être engagée.
C’est bien sûr le premier responsable s’il est l’auteur direct du trouble. Il a l’obligation d’user de la chose louée « paisiblement ». Le propriétaire droit d’agir contre lui.
Un chantier peut générer beaucoup de nuisances. Si les travaux ne respectent pas les règles (horaires, poussière excessive), l’entreprise qui réalise les travaux et le maître d’ouvrage (celui qui a commandé les travaux) peuvent être tenus pour responsables.
Voici des réponses courtes aux questions qui reviennent souvent sur ce sujet.
Oui, faire un barbecue fait partie du droit de jouir de sa propriété. Mais cela devient un trouble anormal si c’est tous les jours, que la fumée et les odeurs envahissent votre maison et que le barbecue est volontairement placé juste sous vos fenêtres. L’abus de droit est sanctionné.
C’est un cas classique. Un chien qui aboie de temps en temps, c’est normal. Un chien qui aboie en continu du matin au soir parce qu’il est seul est un trouble anormal du voisinage. Le propriétaire de l’animal est responsable.
Ça dépend. Une conciliation peut régler le problème en quelques semaines. Une procédure devant le juge peut prendre plusieurs mois, voire plus d’un an. C’est pourquoi il faut toujours privilégier la voie amiable.
Oui. Le règlement de copropriété est une loi interne à l’immeuble. Il peut préciser les règles d’usage des parties communes et privatives, et par exemple interdire les barbecues sur les balcons ou fixer des horaires stricts pour les bruits.
Oui. Si le juge estime que vos preuves sont insuffisantes ou que le trouble que vous subissez ne dépasse pas les inconvénients normaux du voisinage, votre demande sera rejetée. C’est pourquoi la constitution d’un dossier solide est indispensable. Le droit jouir disposer choses manière absolue pourvu qu’on respecte les autres reste la règle.