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Nombre de Descente EP par m² Toiture Terrasse : Comment Calculer ?

Vous devez dimensionner l’évacuation d’eau pour une toiture terrasse ? Le calcul peut sembler complexe.

Ce guide vous donne la méthode et les tableaux pour trouver le bon nombre de descentes EP par m² sans erreur.

Pourquoi bien calculer le nombre de descentes est essentiel

Un bon système d’évacuation des eaux pluviales n’est pas un détail. C’est la garantie que votre bâtiment reste sain. Si l’eau n’est pas évacuée correctement, elle stagne. Et l’eau qui stagne sur une toiture terrasse cause de gros problèmes.

Le premier risque, c’est l’infiltration. L’eau finit toujours par trouver un chemin. Une petite fissure dans l’étanchéité, et c’est l’humidité qui s’installe dans les murs. Ça peut aller jusqu’à des dégâts sur la structure même du bâtiment. Le poids de l’eau accumulée peut aussi dépasser la charge admissible de la toiture.

Un mauvais calcul du nombre de descentes peut donc coûter très cher. Mieux vaut passer un peu de temps sur le dimensionnement que des semaines à réparer les dégâts. C’est une question de sécurité et de durabilité pour le bâti.

Les 3 facteurs qui influencent le calcul

Pour savoir combien de descentes installer, il faut tenir compte de trois éléments principaux. Oublier l’un d’eux fausse tout le calcul. Il ne s’agit pas juste de la surface, mais de comment l’eau va arriver et comment elle va partir.

1. La surface de la toiture

C’est la base du calcul. On ne parle pas de la surface réelle, mais de la surface projetée à l’horizontale. Imaginez que vous regardez le toit depuis un satellite. C’est cette surface plane qui compte pour récupérer la pluie. Plus la surface est grande, plus le volume d’eau à évacuer est important.

Le calcul se fait toujours en mètres carrés (m²). Mesurez simplement la longueur et la largeur de votre toiture terrasse pour obtenir cette surface. C’est la première donnée à avoir.

2. L’intensité des pluies dans votre région

Il ne pleut pas partout avec la même force. Une averse à Brest n’est pas la même qu’à Marseille. Pour le calcul, on utilise une donnée officielle : l’intensité pluviométrique. Elle est exprimée en litres par minute par mètre carré (l/min/m²).

En France, la norme DTU 60.11 impose une valeur de base de 0,05 litre par seconde par mètre carré. Cela équivaut à 3 litres par minute par m². C’est une valeur standard qui couvre la plupart des situations et garantit une sécurité même en cas de forte pluie.

À savoir : Pour des projets spécifiques ou des zones à très fortes précipitations, il faut parfois utiliser des données locales plus précises. Mais pour 99% des cas, la valeur de 3 l/min/m² est la référence pour le calcul.

3. Le diamètre des descentes d’eaux pluviales

Le troisième facteur est la capacité d’évacuation de vos tuyaux. Plus un tuyau est large, plus il peut évacuer d’eau rapidement. Le diamètre intérieur de la descente est donc un critère décisif.

Les dimensions les plus courantes pour les descentes sont :

  • 60 mm
  • 80 mm
  • 100 mm
  • 125 mm

Le choix du diamètre dépendra de la surface à desservir. Un petit diamètre pour une grande surface obligera à multiplier le nombre de descentes. C’est un équilibre à trouver entre l’efficacité du système et l’esthétique du bâtiment.

La formule de calcul pour le système d’évacuation (DTU 60.11)

La norme qui régit tout ça est le DTU 60.11. Il concerne les règles de calcul des installations de plomberie sanitaire et des systèmes d’évacuation des eaux pluviales. Il donne une méthode claire pour ne pas se tromper.

La formule de base permet de déterminer la surface maximale que peut desservir une seule descente. Elle se base sur la capacité d’écoulement du tuyau. La formule de Bazin est souvent citée, mais le DTU propose une approche plus directe pour les professionnels.

Comprendre la capacité d’écoulement

Chaque diamètre de tuyau a une capacité maximale d’évacuation. Cette capacité est calculée en litres par seconde (l/s). Elle dépend non seulement du diamètre, mais aussi de la manière dont l’eau entre dans le tuyau (on parle de « naissance » ou de « moignon »).

Voici les débits maximums admis par le DTU pour des descentes verticales :

  • Diamètre 60 mm : 2,1 l/s
  • Diamètre 80 mm : 4,2 l/s
  • Diamètre 100 mm : 7,6 l/s
  • Diamètre 125 mm : 13,5 l/s

Ces chiffres indiquent la quantité d’eau que chaque descente peut absorber chaque seconde sans déborder. C’est à partir de ces valeurs qu’on va déterminer la surface correspondante.

Calculer la surface maximale par descente

Maintenant, on combine les deux informations : l’intensité de la pluie et la capacité du tuyau. La formule est simple :

Surface maximale (en m²) = Débit du tuyau (en l/s) / Intensité pluie (en l/s/m²)

Comme on utilise une intensité de pluie standard de 0,05 l/s/m², le calcul devient :

Exemple pour une descente de 100 mm :

  • Débit du tuyau : 7,6 l/s
  • Intensité pluie : 0,05 l/s/m²
  • Calcul : 7,6 / 0,05 = 152 m²

Une seule descente de 100 mm de diamètre peut donc évacuer l’eau d’une toiture terrasse de 152 m².

Tableau récapitulatif : surface de toiture par descente

Pour vous faire gagner du temps, voici un tableau qui résume la surface de toiture maximale que chaque diamètre de descente peut gérer. Ces données sont basées sur l’intensité pluviométrique de référence (0,05 l/s/m²).

Ce tableau est votre outil principal. Repérez la surface de votre toiture et vous saurez quel diamètre intérieur de descente est nécessaire, et combien il en faut.

Diamètre intérieur de la descente (mm) Surface de toiture maximale (m²)
50 37 m²
60 70 m²
75 85 m²
80 112 m²
90 140 m²
100 180 m²
125 325 m²
150 500 m²

Comment utiliser ce tableau : Si votre toiture fait 200 m², vous voyez qu’une descente de 100 mm (180 m² max) ne suffit pas. Il vous faudra donc soit deux descentes de 100 mm, soit une seule de 125 mm qui peut couvrir jusqu’à 325 m².

Cas pratique : calcul pour une toiture de 150 m²

Prenons un exemple concret pour que tout soit clair. Vous avez une toiture terrasse de 150 m² à équiper.

Étape 1 : Consulter le tableau

Vous regardez le tableau ci-dessus. Vous cherchez une ligne où la surface maximale est supérieure ou égale à 150 m².

  • Diamètre 80 mm : 112 m² (insuffisant)
  • Diamètre 100 mm : 180 m² (suffisant)

La première solution est donc d’installer une seule descente de 100 mm de diamètre. C’est techniquement correct et suffisant pour l’évacuation des eaux.

Étape 2 : Envisager d’autres options

Parfois, pour des raisons esthétiques ou pratiques, on préfère utiliser des tuyaux plus petits. Est-ce possible ?

Oui. Si vous voulez utiliser un diamètre de 80 mm (112 m² max par descente) :

  • Surface totale : 150 m²
  • Surface par descente : 112 m²
  • Calcul du nombre de descentes : 150 / 112 = 1,33

Comme on ne peut pas installer 0,33 descente, il faut arrondir au-dessus. Vous aurez donc besoin de 2 descentes de 80 mm de diamètre. Le système d’évacuation sera ainsi correctement dimensionné.

Le conseil du pro : Il est souvent plus sûr de prévoir deux points d’évacuation sur une toiture terrasse. Si l’un se bouche avec des feuilles, le second prend le relais. C’est une sécurité supplémentaire. Ainsi, le nombre de descentes est aussi une question de bon sens.

Les autres éléments à prendre en compte

Le calcul du nombre de descentes est une chose. Mais pour que le système d’évacuation des eaux pluviales fonctionne bien, il y a d’autres points à ne pas négliger.

La pente de la toiture terrasse

Même si on l’appelle « toit plat », une toiture terrasse a toujours une légère pente. Cette pente, généralement entre 1% et 5%, est cruciale. Elle dirige l’eau vers les points d’évacuation. Sans pente, l’eau stagne et forme des flaques, ce qui met à mal l’étanchéité.

La pente doit être pensée en amont, lors de la conception de la structure. Elle doit orienter l’écoulement de l’eau naturellement vers les naissances de descentes.

Le positionnement des descentes

Le nombre de descentes est important, leur emplacement l’est tout autant. Les descentes doivent être placées aux points les plus bas de la toiture. Il faut aussi bien les répartir sur la surface pour éviter de longs trajets à l’eau.

Un bon positionnement assure un drainage rapide et complet de la toiture. Il faut éviter de les placer dans des angles difficiles d’accès pour l’entretien.

L’entretien du système d’évacuation

Un système d’évacuation bien dimensionné mais mal entretenu finira par poser problème. Les feuilles, la mousse, les débris peuvent boucher les entrées d’eau et les gouttières ou chéneaux.

Il est recommandé de vérifier et nettoyer le système au moins deux fois par an, au printemps et à l’automne. Une crapaudine (grille) sur l’entrée de la descente est indispensable pour bloquer les plus gros débris.

Questions fréquentes sur l’évacuation des eaux de toiture

Quelle est la pente minimale pour une toiture terrasse ?

La pente minimale recommandée est de 1%. Cela signifie une inclinaison de 1 cm pour chaque mètre. Cette pente est suffisante pour assurer un bon écoulement de l’eau et éviter la stagnation. Tous les documents techniques unifiés (DTU) insistent sur ce point.

Qu’est-ce qu’un trop-plein et est-ce obligatoire ?

Un trop-plein est un dispositif de sécurité. C’est une évacuation secondaire placée un peu plus haut que l’évacuation principale. Si la descente principale se bouche, l’eau monte et s’évacue par le trop-plein au lieu de s’accumuler sur le toit. C’est fortement recommandé, voire obligatoire sur les toitures avec acrotères (murets périphériques).

Peut-on raccorder plusieurs toitures sur une même descente ?

Oui, c’est possible, mais il faut être très prudent. Il faut additionner la surface projetée de toutes les toitures raccordées. Le calcul du diamètre de la descente doit alors se baser sur cette surface totale. Il faut s’assurer que le collecteur horizontal et la descente verticale sont capables de gérer le débit combiné.

Comment gérer l’évacuation pour une toiture végétalisée ?

Une toiture végétalisée retient une partie de l’eau de pluie, ce qui est un avantage. Cependant, le système d’évacuation doit être conçu pour gérer les surplus lors de fortes précipitations. Le calcul de base reste le même, mais il faut porter une attention particulière à la filtration pour éviter que le substrat ne vienne boucher les évacuations. Le système doit être accessible pour l’entretien.

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